Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 13:52
diverses rencontres avec des lectrices et lecteurs
Par liresaintcricq
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 16:12
 

Pour moi, la peinture sur toile n’a d’autre ambition que d’être un simple violon d’Ingres, un appétit d’éclectisme.

Appétit pour la matière et le dessin sur lesquels s’appuie la couleur posée au couteau en larges aplats ou brossée au pinceau.

Les teintes deviennent formes, sollicitent l’ouïe et la vue, prennent de l’audace, dialoguent aussi bien avec les paysages, les musiciens, les pêcheurs, la pastoralité ou la mondanité de l’instant.

Le Sud, l’eau, la terre, l’air, quelques notes arrachées au chant des cigales, la lumière accrochée et accrochante de la méditerranée, mais aussi le silence de nos gestes, de nos jours.

« Qu’est-ce que l’homme dans la nature ? », disait Pascal, « un néant, à l’égard de l’infini, un tout, à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout... »


                 
Par liresaintcricq
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /Fév /2010 15:47
« J’écris de préférence et souvent la nuit. La nuit est propice à coucher des phrases sur la page blanche de l'écran de mon portable. Un acte sensuel. Son silence apaisant n’altère pas l’imagination et la réflexion. Certaines scènes surgissent plus vite que d’autres. S’il en est des spontanées, il en est des besogneuses avec l’espoir de les traduire meilleures que les précédentes.
« J’écris depuis longtemps, je n’imagine pas mon existence sans l’écriture. J’ai ce besoin depuis tout jeune. Les mots, les phrases font échos à ce que j’éprouve au quotidien. Je prends souvent des notes sur un petit cahier d’écolier ou sur un carnet que je transcrits sur mon ordinateur. J’aime les promenades : les odeurs, s’échappent comme les abeilles de la ruche – celles des herbes, des pinèdes et celles de la mer qui est proche de mon domicile.
« Je suis d’un naturel plutôt rêveur, mon imagination est foisonnante. J’aime fouiller les sentiments des autres et y trouver les caractères de mes personnages ; aller au fond des choses ; tout est prétexte pour jongler avec les mots.
« Quand j’écris l’homme, je veux dire aussi la femme, l’enfant et le vieillard, la tante et l’oncle.
« Je mets moins de six mois à écrire un roman. Mes narrations sont d’abord construites dans ma tête avant de naître sur le papier ou sur l'écran d'ordinateur. Vies, amours, aléas, je trempe ma plume dans le quotidien des gens.

Par liresaintcricq
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 20:02

Marseille,

Quai du port,

décembre 2002

 

 Sa haute silhouette dotée d’un léger embonpoint se détache en contre-jour devant les grandes portes-fenêtres au centre du séjour. Inondées de lumière blanche par le haut triptyque des doubles vitrages, ses joues bien rasées, aux méplats accusés, évoquent plus un travailleur de la mer qu’un bouquiniste sur la quarantaine – exactement, quarante-trois ans. Il émane de lui cette indéniable singularité physique d’un manuel un peu rude et colossal. Il n’est pas vieux, pas encore. Il a l’âge mûr où l’on croit que tout est encore possible, sans jamais oser croire que pour les tendrons en veux-tu en voilà, c’est foutu. Mais si, mais si... tu peux encore te payer ce genre de vanité. Ça peut encore aller, il le pense, il le veut, il le faut ; il peut encore séduire, il le lit souvent dans le regard des autres. Sa peau est mate, ses yeux diablement noirs, profonds et brûlants, emplis d’une émotion douce, ses épaules carrées... la brioche, un peu visible, oui... il n’a plus vingt berges !

 Le sapin acheté il y a trois jours gît, nu, inutile sur le maigre et long balcon achalandé d’aucubas anémiques.

 Depuis trois ans, Josiane avait exigé un arbre de Noël de plantation. Elle n’avait plus voulu de ceux en plumetis de pacotille. Cette année encore il a perpétué cette habitude qu’il avait de prévenir et combler ses désirs.

 La journée s’annonce pareille à une adolescente resplendissante au réveil. Une température clémente règne à l’extérieur bien que l’hiver soit là. Il s’approche de l’embrasure d’une des fenêtres entrouvertes sans aller jusqu’au balcon qui sépare ses croisées de la rue. Une brise étale évente l’azur de quelques plats nuages. Les jours où son emploi du temps le permet, il aime se laisser bercer par cette sensation de pénétrer un jour neuf, non encore usé par trop de monde. Visage buriné qui raconte les sorties en mer, toison hirsute, une mèche plus mutine sur le front, Julien contemple sans le moindre étonnement le cadre familier de son quartier. Une symphonie truculente jaillit de la ville innombrable. Cacophonie sans début et sans cesse. Marée haute de véhicules, centrifugée autour des quais. Voix perdues dans ce bruit divers. Accords de trépignements. Débauche de guirlandes pour une fête qui a perdu son sens. Enseignes de néon qui balancent au vent « joyeux Noël », pour adoucir le temps d’une trêve dérisoire, la rapacité, la honte, le désarroi et le chagrin... 

 À travers l’échancrure des rideaux de tulle, à la manière insipide d’un rêvasseur, il semble puiser une réponse dans le miroir frissonnant des eaux du Vieux Port. L’un devant aider à la résolution de l’autre.

 Le plan d’eau est d’un bleu souillé mais sa présence vivante et bénéfique le rassure et lui apporte une sensation de soutien exaltant. C’est que ce morceau de Lacydon et lui forment un vieux tandem. Et là, en face : la Criée ; et au-dessus, emblème de la cité, signe sacré, si majestueuse dans sa robe romano-byzantine : la Bonne Mère.

 

 

[...] Les échos entament son esprit comme des lames. Son souvenir revêt une grandeur farouche et tragique. Homicide à tout le moins. Ou folie temporaire. Rejoindre dans le trépas cet amour épuisé – aujourd’hui habité obscurément de cruauté et de honte –, c’est là son dessein.

Il croise un homme et une femme plus jeunes que lui, qui cheminent sans hâte extrême. Ils vont vers leur parking et rentrent probablement chez eux après avoir bossé dans la zone d’activités de Mourepiane.

« Je suis seul », pense Julien. Véritablement seul, pas vraiment, au sens où l’entendent les autres. L’autre ; un autre soi presque impalpable, ou plutôt un double parallèle, serait ce rien, trépidant et éphémère qu’était la vie d’Audrey et sa part d’elle-même la plus rémanente. Audrey la rebelle de ces derniers temps. L’Audrey lascive de leur voyage en Toscane… Celle plus volage qui le tourmentait ! Et puis d’autres Audrey encore, infiniment ! Il se la rappelle les soirs de milonga. Un tourbillon d’images. Ce rien passe, il ne disparaît pas, tout au plus, il s’évanouit, se défait pour se reconstituer autrement, n’importe le lieu, n’importe le jour, le moment. Il l’habite plutôt qu’il ne l’afflige. Ce rien aspire tout, la beauté et l’ordre des choses ; c’est une voix, une névralgie, un voyage en soi qui le tire vers le néant et laisse derrière lui l’écho de la mort. En ce moment, tant qu’il marche, il est épargné par ce vieux tourment ; pas de chagrin, mais bel et bien du tourment. De toutes les façons, il ne pourra rien y faire. Il ne pourra qu’accepter son châtiment.

Trois poulagas surviennent, lui jettent un coup... [...]

 

[...] Julien vient de quitter le square Léon Blum et s’apprête à passer de l’autre côté de la chaussée, pour s’engager sur le cours Franklin Roosevelt.

Julie se trouve en haut de la Canebière sur la rive commerçante, et a l’impression de franchir une ligne invisible, un pied ici et l’autre là.

De l’autre côté ; il y a Julien, meurtrier, soucieux, traqué, les rangées de magasins aux devantures en partie closes, la montée du cours F. Roosevelt qui ramène au Camas et le sombre et secret scintillement de sa démence. La nuit immense pour exil. Solitude glacée.

De l’autre côté ; il y a tout ce que la cité phocéenne apporte de liberté, d’infinies possibilités de planques, tout ce qu’elle offre d’opportunités dans l’opacité urbaine, que Julien chérit et redoute ; il y a tout cet aspect violent et indestructible de la ville où il semble possible de rencontrer quelque chose de plus pervers et transformateur, le triomphe et le drôle de bourdonnement de sa rue cosmopolite, ce monde devenu pour lui hostile et étriqué, c’est là le monde ordinaire dans lequel il désire, envers et malgré tout, s’enfoncer si profondément pour s’y perdre. C’est probablement pour cela qu’il n’a pas quitté Marseille. [...]

 

 [...] Julien jette violemment le calepin sur le tapis. C’est alors que le petit bristol s’en échappe. Ce fameux marque-page à en-tête commercial qui l’a conduit dix jours plus tôt à la Caliorne. Julien avait aussitôt pensé : quai de la vieille consigne.

  La Caliorne n’est autre que cette vieille goélette à voiles auriques qui ancre ses vieux jours au pied du fort Saint-Jean. Un schooner reconverti en boui-boui décoré dans le style latino et branché.

 Il lui faut oublier cette passerelle de guingois et ce danseur de tango de néon vert, qui s’allume et s’éteint de minute en minute dans le noir du quai de la vieille consigne.

 Il se hâte de placer un disque dans le lecteur.

 Il ne faut plus y penser.

 La pureté flamboyante du Stradivarius de Jascha Heifetz jaillit en apothéose dans l’appartement. Il allume des bougies un peu partout dans la pièce. Un subtil parfum de cire chaude mêlé de vanille se diffuse avec volupté tout autour de lui.

 Il lui faut oublier cette nuit où il n’a pu se résoudre à rentrer chez lui après cette milonga triste, de passion et de fureur rentrée. Une concierge emmitouflée sortait les poubelles. Les premiers bistrots libéraient leur rideau de fer sous les arcades du Vieux Port... Et lui, il était là, hébété, dans le petit matin, au bord du trottoir.

 Il lui faut oublier ces danseurs de tango qui riaient et buvaient alors que lui n’avait que colère et amertume.

 Il lui faut oublier le ventre de la Caliorne d’où émergeaient ces visages adoucis par l’atmosphère intimiste et troublante.

 Il lui faut oublier la superbe de ces filles bavardes qui ondulaient en jupes fendues.

 Il lui faut ne plus voir le regard qu’Audrey avait jeté à cet Osvaldo, après le long tango. Un regard à la fois émerveillé et implorant.

 Il lui faut oublier la manière brusque et indifférente avec laquelle ce tanguero, danseur accompli, s’était détourné d’elle, la laissant seule au milieu de la petite piste à damier noir et blanc ; seule, dans le flamboiement fauve de sa jupe.

 Il lui avait joué le grand jeu dans la milonga de la deuxième série de tango. Une dizaine de couples se pressaient dans la pénombre que coupait seulement le reflet mouvant d’un projecteur tour à tour violet, rouge ou jaune.

 Ganchos, boleos. Le jeu de la fusion totale, de la douceur et de la découverte. L’élégant Osvaldo l’avait regardée avec une émotion si particulière.

 Il avait créé pour elle l’illusion du couple ; pour elle qui commençait à s’éloigner.

 Avec Marc et Solange, avec Fabrice et Julie, avec le doux Lucas et les autres, ils buvaient la milonga en plaisantant, en riant... mais elle, Audrey, la plus jeune du groupe, connaissait-elle vraiment cet homme étrange, plus mûrissant, et distant d’ailleurs, qui, dans ce milieu, semblait connaître tous les autres ?...

 Ses cheveux noirs plaqués en arrière, la raie zigzagante, le coin du regard savamment plissé, et sur tout ça, une fine moustache en brosse à l’Errol Flynn, adoucissait ce que la bouche pouvait avoir de dur. Sa voix douce, presque féminine dans les graves, venait contredire ce que pouvait être sa véritable personnalité. Le bracelet qu’il portait au poignet gauche lui donnait délibérément un aspect équivoque.

 Julien avait de suite perçu la fascination qu’exerçait Osvaldo sur Audrey, leur connivence parfaite aussi, à laquelle se mêlait une sorte de rivalité tendre.

 Osvaldo incarnait une sorte de dandy latino, charmant, tout en jambes, comme un poulain, et son élégance un peu raide et ambiguë troublait sûrement Audrey. Sa silhouette de danseur fascinait d’ailleurs autant les hommes que les femmes.

 Tempo lent, enlevé, rapide puis lent, le tango emplissait la Caliorne comme le flux de marée noie l’estran, et dans cette milonga, Audrey oubliait le monde dans l’étreinte d’Osvaldo.

 Sacadas.

 La « voix bleue » et mélancolique de Carlos Gardel dans me da pena confesarlo enveloppait ce couple atypique.

 Tout autour d’eux, Fabrice et Julie et les autres tournoyaient comme des météores ivres. [...]

 

Par liresaintcricq
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 19:53
Paru le  7 juillet 2009      Roman à suspense

ISBN : 978-2-8121-1488-5   juillet 2009
livre papier        ;     livre électronique pdf à télécharger
édité par 
édilivre  distribué par CALIBRE






nocturne tango  - Thriller sentimental et pathétique
                                dans la cité phocéenne

4ème de couverture nocturne tango 


  Éprouvé et désabusé par un veuvage prématuré, Julien

décide de réaliser un rêve de longue date et d’entreprendre

un voyage au pays de Giotto et Donatello.

Comme il mène une vie assez retirée dans sa

librairie de livres anciens, il cherche une compagne

de voyage, et vient de rencontrer Audrey au hasard

d’un chat sur Internet.

 Ils s’apprêtent à partir pour la Toscane.

 Est-ce la bonté ou la culture de Julien qui attirent

la jeune Audrey, ou le simple fait qu’il lui offre un

voyage et une occasion de se divertir ?

 À dix-sept ans, Audrey est une fille un peu destroy à l’attitude

cavalière.

Elle semble avoir gardé l’innocence de l’enfance,

et joue de son ambivalence sexuelle.  Elle consent,

elle esquive, avec une grâce féline.

 Oui, mais voilà, Julien a 25 ans de plus. 

 Sans larmoyance, le narrateur nous mène dans l

’intime et l’envers de ces deux vies mal en point où

le pathos couve. Ainsi commence pour Julien une

quête de l’impossible, au nom d’un amour

chimérique où, éperdu, confronté à ses propres

démons, il s’engagera sur un chemin sanglant

qui le mènera jusqu’au bout de l’horreur...

 

( voir des extraits pages suivantes...)

Par liresaintcricq
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Pages

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus