Partager l'article ! Le baiser de l'orchidée - roman - paru le 3 février 2011 Présentation: 4 eme de couverture du roman De c ...
4 eme de couverture du roman
De ce côté-ci, il y a Mireille, souffrante, tout ce cataclysme médical qui la maintient en vie − pour combien de temps encore (?). De l'autre côté, il y a la figure pathos de Dino, époux adultère, pervers narcissique. Il la déteste d’instinct mais n’en travaille qu’avec plus de cynisme pour édifier son dessein. Il y a le domaine de Rochegude. Il y a le Racati, les immeubles et les terres et tout ce que cela comporte de promesses. Une bastide sur une colline où se prépare dans les esprits au moins, une réception : celle d'une mort programmée, celle où Mireille, en un sens, désire probablement s'enfoncer pour y retrouver le chemin de tous ses proches, défunts ; pour la rémission de son esprit ; pour ne plus lutter, ne plus échouer dans son amour dévorant, complexe, indécis pour Dino. Des années d'affection pieuse, d'espoir... qui ont fait l'énigme décisive de sa vie.
Un livre rempli de véracité sociale et d’émotions, où l’intrigue ne contrarie pas un jaillissement verbal et un raffinement psychologique très pointu…
Un roman de passion, de toutes les passions, celle des êtres aimés, celle d’un arriviste.
Extrait « Le baiser de l’orchidée » roman :
L’innocence de Mireille prise en étau, et la terrible tromperie des apparences chez Bruno, déclinent une machination patiemment construite.
[…] − Je vois bien... Je vois que le notaire t'a bien informé... Je vois ce qui te préoccupe.
Bruno fait traîner sa réplique. Il n'y a que le murmure tissé a cappella de quelques guêpes pour meubler l'air déjà embrasé. Il fait chaud, une chaleur parfumée, presque pas désagréable. Bouquet résineux de pins où se mêlent et montent du sol brûlant des effluves de fruits mûrs, l'odeur âcre et entêtante des genêts. Peaux légèrement moites. Aisselles chatouilleuses. Fronts emperlés.
− Sans cette grosse chaleur, j'aurais bien mangé dehors sous la tonnelle. « Il minaude, pour mieux m'enrober », pense-t-elle.
− ... C'est pourtant une réalité ; à défaut d'un geste de ta part, je devrai payer des droits sur la moitié de tes biens. Rends-toi compte ! Une bagatelle ! à moins que...
− À moins que quoi ?
− À moins que tu me fasses une donation entre vifs... au... dernier des vivants. Ce serait une autre possibilité, encore que je ne me souviens pas que tu n’aies jamais eu cette intention.
C'est la première fois qu'il se confronte vraiment à sa volonté et une pointe de raillerie a percé dans sa réponse.
Elle ferme les yeux, croit les ouvrir dans la nuit profonde, voit une face humaine démesurée, sa mère, puis le papé ; voit une escouade de calliphores féroces, furtifs, impitoyables qui crapahutent en folie sur le linceul souillé d'une carne inerte ; voit des mandibules géantes en forme de faux, des pinces ; puis devant les yeux un énorme trou terreux où la mort déteint sur la vie ; terre sourde et muette, éventrée, où pullulent de petites bestioles opiniâtres − de celles qui rampent et vous estampillent à la huitième et dernière escouade : Bon pour l'éternité. Cendres, débris, ossements. Puis rideau : Le gris du néant comme un écran cathodique en rupture de courant. Sa pensée flotte. « Vivre et mourir, ne serait-ce qu'un instant, ne serait-ce aux côtés de cet écornifleur, ce bigame à mi-temps de Bruno, ne vaut-il pas mieux que de ne pas avoir été ? »
Elle reprend ses esprits et se console : « Tu te souviens, il y a quelque temps, nous avons déjà parlé de tout cela, dans la serre. Il y fut question de notre relation, de ma fortune, d'une orchidée... une belle blanche veloutée, nocturne et... » […]
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